Top 5 des choses a savoir sur notre memoire

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Manuel Hattinguais : definition de la memoire

Notre mémoire au sens propre est la capacité à encoder, à stocker et à récupérer des informations et des expériences passées. C’est donc la somme totale de tout ce dont on se souvient, que cela soit consciemment ou inconsciemment. Par contre nos souvenirs ne sont pas stockés à un seul endroit dans le cerveau comme certains ont pu le penser avant mais bien dans le cerveau entier.

Chaque élément d’un souvenir a été encodé par des zones différentes de notre cerveau lors de notre expérience et ces mêmes zones du cerveau seront de nouveau réactivées quand on voudra se souvenir de cette même expérience.

Qu’est ce qu’un souvenir ?

Un souvenir est donc une reconstruction extrêmement complexe d’un évènement passé. Par exemple le simple fait de faire du vélo va activer beaucoup d’endroits différents dans le cerveau. Le fait de reconnaître le vélo viendra d’une partie de notre cerveau, le fait de se rappeler comment pédaler vient d’une autre zone, le fait de pouvoir se maintenir en équilibre en pédalant viendra encore d’une autre partie du cerveau et ainsi de suite.

Forces et faiblesse de la memoire

Notre mémoire nous permet aussi de communiquer avec les autres, elle nous permet d’éviter des dangers, de surmonter des problèmes et même de nous projeter dans le futur. Notre mémoire fait de nous qui nous sommes ; c’est la clé de notre identité personnelle.

Quand et comment notre mémoire peut-elle nous induire en erreur ? Qu’est ce qui nous pousse à nous souvenir de quelque chose et à quel point pouvons-nous faire confiance à notre mémoire ?

Top 5 des choses à savoir sur notre mémoire

  1. Certaines personnes ne peuvent plus créer de nouveaux souvenirs. La création d’un souvenir qu’on appelle autobiographique se fait en 3 phases : l’encodage (toutes les informations qu’on récupérera à travers nos sens au moment de l’expérience. Les informations qu’on décidera de garder seront choisies selon l’implication émotionnelle qu’on ressentira de l’évènement mais aussi de notre attention). La deuxième phase sera le stockage et la consolidation des informations récupérées. Cette phase peut durer plusieurs heures et des connexions entre nos neurones seront formées et renforcées selon l’importance et la richesse du souvenir. La dernière phase est simplement la recollection de l’évènement, c’est à ce moment-là que le cerveau va simuler l’évènement en réactivant les neurones actifs pendant la phase d’encodage. Les hypocampes ont un role crucial dans la consolidation de nouveaux souvenirs. C’est celle zone du cerveau qui va organiser la consolidation des souvenirs, de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme.

  2. Notre mémoire n’est pas aussi fiable que l’on aimerait le penser. Notre souvenir d’un évènement se dégrade naturellement avec le temps : plus le temps passe et plus on oubliera des détails de l’évènement en question. Il existe cependant une certaines forme de souvenirs que l’on appelle «souvenirs flash ». Un souvenir flash est un souvenir poignant et détaillé d’un évènement imprévu de notre vie. Cela concerne les évènements traumatisants comme peuvent l’être un attentat, un accident, un drame familial ou d’autres évènements choquants. Les personnes ayant vécu ce genre d’évènement ont souvent une confiance extrême en leur capacité de se souvenir de la scène. Ils peuvent revoir la scène de façon précise et détaillée et ont le sentiment de pouvoir s’en rappeler aussi bien tout au long de leur vie. Etant donné que ces gens ont le sentiment que ce souvenir ne se dégrade pas avec le temps, des chercheurs ont voulu vérifier si c’était vraiment le cas ou pas. Au cours d’une étude menée en 2003, des chercheurs ont questionné 54 étudiants sur 2 de leurs souvenirs : le moment où ils ont appris la nouvelle des attentats du 11 septembre 2001 et un autre souvenir propre et un autre souvenir banal propre à chacun des participants. Ces élèves ont été retestés sur les mêmes souvenirs quelques semaines plus tard. Les chercheurs ont donc pu mettre en parallèle la précision de leur mémoire sur chacun de leurs souvenirs. Ils ont découvert que ces deux souvenirs se dégradaient de la même façon c’est-à-dire que certains détails seront oubliés, d’autres seront modifiés. C’est-à-dire que tous nos souvenirs, même ceux dont on est confiants, précis et corrects se dégradent et deviennent de moins en moins précis avec le temps. Cette série d’études sur la mémoire flash a pu nous prouver que la confiance qu’on peut avoir dans notre capacité à nous souvenir d’un évènement, aussi détaillé et poignant qu’il puisse être, est souvent trompeuse. Mais comment se fait-il que nos souvenirs changent avec le temps ?

  3. Le cerveau déforme nos souvenirs à chaque fois qu’on se les remémore. Nos souvenirs ne sont pas des enregistrements mais plutôt des reconstitutions faîtes à la volée. Si jamais on nous pose une question sur un élément de la scène qu’on n’a pas encodée, notre cerveau aura tendance à imaginer les détails et c’est surtout le cas lorsque la personne posant les questions suggère un scénario plutôt qu’un autre. Et non seulement on peut inventer de nouveaux détails mais on peut aussi changer certains éléments de notre souvenir, et tout cela sans s’en rendre compte. Un souvenir peut être mixé avec l’imagination sans qu’on puisse s’en rendre compte. Des détails sont donc perdus ou ajoutés à chaque fois qu’on se remémore un souvenir. Mais quels sont les facteurs qui modifient nos souvenirs ?

  4. Il existe de nombreux facteurs dans la distorsion de souvenirs. Premièrement, l’émotion qu’on attachera à un évènement influencera tout le processus de création du souvenir. Notre émotion aura une influence sur l’attention qu’on portera sur la scène, et donc sur les éléments qui seront encodés ou pas. Mais aura aussi une influence sur la consolidation du souvenir ainsi que sur la recollection de l’évènement. Par exemple si un danger est présent dans une scène on aura tendance à se concentrer dessus et à bloquer le reste de la scène. Ainsi, l’émotion que suscitera un évènement aura un grand impact sur la qualité de notre souvenir. Deuxièmement, notre humeur et notre état d’esprit lors d’un évènement affectera aussi notre souvenir. Le fait d’être dans le même environnement nous aide aussi à raviver des souvenirs plus en détail : des études faites sur des plongeurs ont pu nous faire découvrir qu’il était plus facile de se remémorer des informations quand elles avaient été apprises dans le même contexte que la recollection. Les suggestions sont aussi la cause de beaucoup de distorsion de mémoire, c’est ce qu’on appelle l’effet de désinformation : une question peut avoir la conséquence de créer un faux souvenir.

  5. Il est possible de créer des faux souvenirs complets, comme l’a prouvé entre autres une expérience menée aux Etats-Unis sur le sujet

  6. On a donc pu voir que la mémoire est bien moins sûre qu’on aimerait bien le penser : nos souvenirs sont malléables et peuvent facilement être modifiés, surtout en étant exposé à de nouvelles informations, à des suggestions, ou simplement le fait de se remémorer le même souvenir plusieurs fois. A chaque fois que nous nous remémorons un souvenir, il sera légèrement modifié et nous n’aurons accès qu’à cette nouvelle version mise à jour les prochaines fois que nous nous remémorerons cet évènement.

    Source : retranscription vidéo mémoire

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