Journee europeene du numero d'urgence 112

Rencontre avec le docteur Gérald Kierzek

A l’occasion de la journée européenne du 112, rencontre avec Gérald Kierzek, médecin d’Europe 1 et urgentiste lors d’une émission consacrée à ce numéro d’urgence.

Comment utiliser ce numéro d’appel d’urgence dans toute l’Europe ? D’abord, difficile de s’y retrouver avec le 112, le 15, le 18…quels sont tous ces numéros ?

GK : C’est vrai que c’est un peu compliqué en France parce qu’il y a plusieurs numéros. Le 17 pour la police, ça ça n’est pas pour un problème médical. Après, pour un problème médical, une urgence, un accident, il y a plusieurs numéros. Il y a le 15, c’est le SAMU, c’est un standard téléphonique avec 24h/24 un médecin qui vous répond au bout du fil. Ça veut dire pour une petite urgence, un conseil médical ou une grosse urgence, c’est le numéro qui vous permet 24h/24 d’avoir un dialogue avec un personnel de santé et ce n’est pas forcément l’envoi d’une ambulance. Si vous avez besoin d’un conseil médical, le 15 est le numéro de régulation médicale qui dans chaque département – d’ailleurs il n’y a pas que des réanimateurs qui répondent au téléphone, on peut tomber sur un auxiliaire de régulation médicale qui va vous poser plein de questions qui ensuite va vous orienter soit vers un médecin régulateur du SAMU soit vers un collègue médecin libéral et qui vont pouvoir vous envoyer soit un médecin à domicile soit un conseil téléphonique. Ça peut même aller jusqu’à faxer une ordonnance du SAMU à la pharmacie de garde par exemple. Donc ça peut vraiment rendre service notamment le weekend ou la nuit, avant de se précipiter aux urgences par exemple. Et ça c’est le 15. En fonction de l’afflux d’appels, vous risquez d’attendre un petit peu mais le système est en train de s’améliorer.

Sinon, deuxième numéro, généralement au temps de décrocher plus court, c’est le 18 : les pompiers, qui sont des secouristes professionnels bien sûr, et qui vont pouvoir vous répondre mais vous n’aurez pas de médecin donc vous n’aurez pas de conseils au bout du fil. S’il y a incendie, un accident de voiture, un malaise très grave, vous pourrez appeler le 18. Mais pour avoir un conseil, vous n’aurez pas de médecin au bout du fil. Ce qui peut se passer c’est que le 18 vous bascule sur le 15 pour avoir ce fameux conseil téléphonique. Ce qui est important de dire c’est qu’il y a plus de guerre entre le 15 et le 18 comme il y a eu à une certaine époque, une concurrence entre ces 2 services de secours. Maintenant il n’y a plus de concurrence. Il y a la régulation médicale et il y a les pompiers. Ces derniers peuvent très intervenir en première intention, ils vont être obligés eux-mêmes de passer un bilan à la régulation médicale. D’où l’intérêt d’appeler directement le 15 puisque vous parlez exactement de votre problème et on va vous déclencher les secours au bon moment. Vous pouvez aussi faire le 18, et là on va vous envoyer une ambulance de pompiers avec des secouristes professionnels qui vont pouvoir répondre à l’urgence.

Aujourd’hui, c’est la journée du 112. Alors qu’est-ce que ça vient faire au milieu ?

GK : Le 112, vous ne savez pas sur qui vous tombez, cela complique donc un peu les choses. Vous allez parfois tomber sur la CRS par exemple. En fonction du problème, ils vont vous rebasculer sur le 15 ou le 18. En tout cas avec le 112 vous pouvez atterrir sur la police, sur les pompiers ou sur le SAMU. Le gros avantage du 112 c’est qu’il fonctionne partout en Europe. Donc si vous êtes en déplacement, vous pouvez appeler le 112 en tant que numéro d’urgence. Deuxième avantage, les interlocuteurs sont censés parler l’anglais au minimum. Ce qui veut dire que pour les touristes qui viennent visiter la France, c’est un numéro facile et ils pourront se faire connaître et se faire comprendre. Ensuite cela sera redispatché sur un numéro d’urgence adéquat au type d’urgence. C’est un numéro gratuit. […] Et puis un nouveau numéro qui a été mis en place c’est le 114. Vous allez me dire que ça complique encore les choses mais le 114 c’est très utile car c’est un numéro pour les sourds ou malentendants, pour les gens qui ont des difficultés à parler. Le 114 est un centre relai basé à Grenoble et qui va pouvoir en fonction du SMS ou du fax que vous lui envoyez relayer cet appel d’urgence sur l’endroit où se passe le problème.

Mais pourquoi c’est si compliqué ? Pourquoi y a-t-il le 114, le 112, le 15, le 17, le 18 . On devrait faire comme aux Etats-Unis où il y a un seul numéro où qu’on soit […]

GK : Alors on va peut-être y arriver, c’est historique. Il y a d’abord eu la création du 18 centre de régulation pompier puis des centres de régulation du SAMU qui sont basés dans les hôpitaux donc tout ça n’est pas encore réuni . Il y a beaucoup de départements qui sont en train maintenant de faire une seule régulation mais il n’y a pas encore un seul numéro. Malheureusement ce qui complexifie encore un peu le dispositif, c’est un numéro pour les médecins libéraux . Donc c’est vrai que c’est compliqué et qu’on aimerait bien avoir une harmonisation avec le 112 et qu’après ça tombe sur un seul centre. Juste un mot sur une petite application : un pompier a fait une application qui s’appelle trad112 et qui permet soit quand vous avez un patient ou une victime à côté de vous qui ne parle pas français ou qui est sourd et muet, vous lui montrez cette application et elle peut répondre à des questions qui sont préenregistrées et donc ça permet de se comprendre tout simplement, parce que pour donner l’alerte, il faut comprendre ce dont la personne souffre […]